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 Khinjar Meressin, Garde d'Hyrule

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Khinjar Meressin

« Un coeur troublé par le souvenir. »

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Messages : 141
Inscription : 25/10/2014

MessageSujet: Khinjar Meressin, Garde d'Hyrule   Sam 25 Oct - 13:52



Khinjar Meressin



Informations

Age : 34 ans
Surnom : Khin, pour ceux qui me sont proches.
Race : Hylien
Camp : Du côté de Zelda
Orientation Sexuelle : Homosexuel
Loisirs : Passer du bon temps avec mes amis. Regarder le ciel, qu’il vente ou qu’il neige, mais surtout au lever et coucher de soleil et la nuit. Agacer les autres avec mes surnoms. N’en faire qu’à ma tête.
Feat avatar : AngelxWrath

Pouvoirs

Un pouvoir ? Moi ? Mais oui, bien sûr… Non, mais sérieusement, vous m’avez bien regardé ?

Malgré ce qu’il pense, Khinjar a bel et bien un pouvoir, de contrôle de l’eau. Mais il ne s’en est jamais rendu compte, et ne l’a donc pas développé, pas plus qu’appris à le contrôler. Aussi, pour l’heure, tout ce qu’il arrive à faire est, inconsciemment, recouvrir son corps, en partie ou en totalité, d’une fine couche d’eau.

Ce qui ne sert à rien, à part le faire glisser, que des objets lui échappent des mains ou autres. Tout au plus, lorsque quelqu’un le tient, cela peut lui permettre de se dégager facilement, s’il a la chance que son pouvoir se déclenche à ce moment-là, et sur la partie de son corps qui est attrapée.


Description Physique

Un faible grognement m’échappa alors qu’on me secouait. J’ouvris péniblement un oeil, la tête lourde, et observai Zeôn d’un regard qui n’aurait rien eu à envier à un bovidé pour l’intelligence. Il soupira et passa lentement sa main dans mes cheveux blonds et lisses, jouant avec les longues mèches.

”D’habitude, tu as le regard un peu plus vif que ça, le matin, Khin. Déjà qu’ils oscillent entre le vert brillant et une teinte un peu plus grise ou argentée selon le temps qu’il fait, c’est la première fois que je te vois donner dans le vitreux…”

J’émis un grommellement à peu près indistinct, tentant de chasser la main qui m’empêchait de me rendormir. Elle s’écarta de mes cheveux, en effet, mais ce fut pour caresser mon visage allongé aux traits fins. Je grognai une fois de plus, esquissai le mouvement de chasser une mouche. L’homme se décida alors à passer aux grands moyens, et passa ses doigts sur mes oreilles longues et fines, bien plus que celles de la plupart des Hyliens. Une fois de plus, je tentai de chasser sa main, et me mis une baffe sur l’oreille.

”Ah, ça ne rate vraiment jamais. Allez, sors du lit. Il commence déjà à être tard, et tu es de service cet après-midi. Ca serait dommage d’être en retard pour ta première journée de travail en tant que capitaine de la garde d’Hyrule, non ?

-Hein… ? De quoi ? … AH !”

Je poussai un cri en comprenant le sens des paroles de mon ami. Bien sûr. Je venais d’être nommé capitaine, en vertu de mon expérience - cela faisait bien dix ans que j’étais dans la garde, après tout. Et la veille, j’étais allé fêter cela avec un certain nombre de mes amis, allant boire avec eux dans une taverne de la ville. Zeôn était de la partie, et c’était lui qui m’avait aidé à marcher pour regagner notre chambre. Il était un peu plus petit que moi, qui dépassais 1 mètre 85, et ses épaules étaient parfaitement à la bonne hauteur pour que je m’appuie sur elles.

Bon, je ne me souvenais plus parfaitement bien, et peut-être qu’il avait dû me porter, ou quasiment, sur les dernières marches de l’escalier. Si c’était bel et bien le cas, je le plaignais. Je n’étais pas une montagne de muscles, mais j’étais loin d’être frêle. Mes années de service avaient développé ma musculature, depuis mon entrée dans la garde. Et maintenant, c’était lui qui se chargeait de me faire émerger de mon sommeil d’ivrogne pour que je prenne mon poste dans l’après-midi.

”Ouais, ouais, c’est bon, j’ai réalisé. Merci, Zeôn. Je m’habille et j’y vais, je grignoterai une fois à Cocorico. Je serai à l’heure, t’inquiète.

-Un jour, quand tu auras autre chose que de la lumière de fée dans la tête, peut-être que j’arrêterai de m’inquiéter pour toi,” me déclara-t-il avec un sourire discret, avant de quitter la pièce.

Je m’assis péniblement dans mon lit, portant une main à ma tête douloureuse. Plus jamais ça. Enfin, plus jamais à ce point. Fêter quelque chose en me mettant assez minable pour avoir une enclume dans la tête le lendemain… Riche idée, tiens. J’attendis que le tout se calme un peu, puis je me décidai à me lever prudemment. Machinalement, j’allai ouvrir mon armoire, contemplant mes vêtements d’un oeil morne - même si un peu plus vivant que lorsque j’avais été réveillé.

J’avais un peu de tout en terme de couleurs. Je n’avais pas vraiment de préférence, à part que j’appréciais les couleurs, justement. J’avais très peu de noir, blanc ou gris. En dehors de cela, mon enfance et adolescence en voyage m’avaient laissé l’habitude d’avoir des vêtements pratiques et simples, solides, qui me laissaient une bonne liberté de mouvement et étaient agréables à garder toute la journée.

”Hé, mais… J’suis con, moi. C’est mon uniforme que je dois mettre. Con de Khin. Con-Khin.”

Je ricanai légèrement tout seul, refermant mon armoire. Je venais de recevoir mon uniforme, l’avant-veille, et je ne l’avais pas mis dans mon armoire. Je ne mettais pas mon uniforme dans mon armoire, de toute manière. Zeôn et moi avions décidé de mettre nos deux uniformes dans l’unique penderie de la chambre, pour ne pas risquer de les froisser ou de les abîmer.

Je mis d’abord le pantalon et la tunique noire à manches longues, vérifiant, puisqu’ils étaient neufs, qu’ils m’allaient sans problème. Puis je passai ma côte de mailles fine - j’en avais deux, une fine et “légère”, pour les longues journées de patrouille ou de surveillance, et la seconde, bien plus résistante mais plus lourde, pour les missions où il me faudrait combattre. Par dessus, je posai le plastron gravé aux armes de la famille royale, faisant quelques mouvements d’épaules, à nouveau, pour vérifier qu’il ne me gênait pas. Je n’eus ensuite plus qu’à mettre mes bottes et mes gantelets pour avoir mis l’essentiel de ma tenue.

Je récupérai alors mon casque, laissant échapper un léger rire en voyant le panache bleu qui l’ornait. Un panache… Et un beau panache, en plus. Riant toujours légèrement - pas trop fort, ma pauvre tête… - je le mis, avant de ceindre à mon côté mon épée. J’attachai ensuite à mon épaule la broche, insigne de mon grade, qui retenait une longue bande de tissu, que j’envoyai dans mon dos. Ca aussi, j’allais devoir m’y habituer… Et m’habituer à la décrocher rapidement dès que je ne voudrais pas m’emmêler dedans, doué comme j’étais. J’étais fin prêt, et j’attrapai ma lance avant de sortir de la chambre pour me rendre à Cocorico, là où j’étais assigné pour l’après-midi.

Description Mentale

Lorsque j’arrivai sur la Place du Marché, ils étaient déjà là. Mal à l’aise, si je ne me trompais pas, et regardant autour d’eux. Je n’étais pas parfaitement à l’aise non plus, mais je m’avançai pour les saluer, observant quelques secondes les rides qui gagnaient chaque année le visage de mes parents.

”Tu as l’air d’aller bien, Khin… Tu es toujours aussi souriant qu’avant, ça fait plaisir à voir. Et tu as l’air de continuer à aimer ton nouveau travail, malgré toutes les années.”

Je tournai le regard vers mon père en l’entendant. Oh, il avait raison sur un point. J’aimais mon travail, vraiment. Me battre n’était pas ce que j’aimais le plus, loin de là, mais j’aimais l’idée d’avoir les capacités nécessaires pour protéger les autres, ceux qui n’avaient pas la chance d’avoir appris à manier une arme. Altruiste, moi ? On pouvait dire ça comme ça, oui. J’aimais bien rendre service autour de moi.

En fait, en règle générale, j’appréciais le contact humain. La solitude, ce n’était vraiment pas pour moi, ça me faisait déprimer. Donc j’avais tendance à me montrer relativement collant avec ceux que j’appréciais. Collant dans… le mauvais sens du terme, aussi. Borné comme j’étais, c’était difficile de me faire lâcher prise et, même si je tentais de m’amender, il m’arrivait malheureusement de ne pas me rendre compte que je ferais mieux d’être plus discret et effacé.

Par contre, qu’il dise que j’avais l’air d’aller bien parce que je souriais… Etait-ce une manière de s’illusionner lui-même, ou bien pensait-il vraiment ce qu’il disait ? J’aurais cru qu’il me connaîtrait mieux que ça… Certes, je souriais assez souvent, je riais, aussi, et j’aimais voir ce sourire et ce rire se répercuter sur les gens autour de moi. Mais j’avais aussi tendance à me servir d’eux pour mettre à distance les situations difficiles. Je n’aimais pas dire que j’allais mal, préférant donner tout le temps l’impression que j’étais fort…

”Oui, je vais bien, papa. Et vous ? Quelles nouvelles, depuis l’année dernière ?

-Oh, rien de particulier. Enfin, la routine, tu connais ça. Ca n’a pas tellement changé depuis le temps… Mais parle-nous plutôt de toi.”

Leur parler de moi… En temps normal, parler ne me dérangeait pas. Pas assez, même. Plusieurs personnes m’avaient déjà reproché d’être bavard, beaucoup trop bavard, elles m’avaient dit que je ne laissais pas les autres parler tant je monopolisais la parole. Mais avec les parents, depuis mes vingt ans, j’avais beaucoup de mal à communiquer. Tout me semblait un peu… faux.

”J’ai encore moins de choses à dire. Je voyage moins que vous, même si mon travail m’amène souvent à quitter le bourg, surtout depuis qu’il y a des monstres qui sont réapparus.

-Ah, oui, je me doute bien. Et ça va, tu n’es pas trop… Enfin, tu ne prends pas trop de risques ?”

Je ris doucement à la question inquiète de mon père. Oh, oui, ils savaient bien que j’avais une fâcheuse tendance à agir sur des coups de tête, ou plus exactement sans me soucier des conséquences. J’avais un côté relativement… désinvolte pour ce genre de choses. Beaucoup trop, selon mes proches, et je m’étais bien souvent retrouvé dans les ennuis à cause de cela.

”Je ne cherche pas à jouer au héros, et puis je ne suis jamais seul, pour ces missions. Ne vous inquiétez donc pas. Je suis prudent.

-Oh, tant mieux, tant mieux. Et… Qu’est-ce que tu penses de tout cela ? De… son retour ?”

Ma mère n’eut pas à préciser davantage pour que je sache ce dont elle voulait parler. Mon visage se ferma l’espace d’une seconde. Pourquoi voulait-elle remuer le couteau dans la plaie ? Elle devait se douter que le sujet ne m’était pas agréable… Ou bien elle ne me faisait pas confiance et elle voulait s’assurer que je ne déviais pas du droit chemin. A moins qu’elle ne se doutât pas de la souffrance qui était la mienne à chaque fois que je pensais à Ganondorf, et que je me demandais si j’étais responsable de ses ambitions sur le royaume d’Hyrule…

”Rien, maman. Je n’en pense rien. Le passé est… du passé, justement. Ne t’en fais pas. Je vais bien.”

Si seulement les choses étaient aussi simples...

Histoire

Un faible soupir s’échappa d’entre mes lèvres, alors que je regardais par la fenêtre de ma chambre. Beaucoup de gardes n’aimaient pas avoir leur chambre au dernier étage, juste sous les toits. Trop d’escaliers à monter, peut-être. Pour ma part, j’aimais bien cela. J’aimais bien la vue que cela donnait, sur les toits du bourg et, plus encore, le ciel. Chacun sa manière de se détendre, en début et en fin de journée, après tout.

Mon regard erra un moment sur les maisons et les rues que j’apercevais, dans la lumière chatoyante du soleil couchant. Ces maisons, parmi lesquelles se trouvaient celle qui avait assisté à ma naissance, ces rues où j’avais passé mes premières années, chez mon oncle et ma tante. Oh, non, je n’étais pas orphelin, et mes parents ne m’avaient pas non plus abandonné. Mais ils étaient marchands, et ne voulaient pas, en ces temps troublés, me faire courir les risques de leurs voyages.

Je regrettais de ne pas pouvoir vivre avec eux, dans leur caravane, bien évidemment. Leurs voyages me faisaient rêver, tout comme leurs descriptions des différents peuples d’Hyrule. Puis, un jour, pour mon anniversaire, ils m’annoncèrent que, cette fois, je viendrais avec eux. Les efforts du roi pour sécuriser et apaiser le pays avaient fini par porter leurs fruits, suffisamment pour qu’ils jugent possible de prendre leur fils unique avec eux. Et commencèrent alors mes années de voyage à travers le royaume.

Notre caravane parcourait l’ensemble du pays, s’arrêtant une ou deux semaines à chaque endroit où il était possible de faire du commerce avec les peuples autochtones. Achats, ventes, troc, ils s’adaptaient aux besoins et aux exigences des uns et des autres. Et pour bien s’entendre avec chaque peuple, me disait mon père, il fallait apprendre à les connaître sans les juger ou les condamner.

J’écoutais avec la plus grande attention tout ce qu’ils m’expliquaient, tous ce qu’ils avaient le temps de m’apprendre pendant les longs trajets à travers la plaine d’Hyrule. Ma mère me dit également qu’il me faudrait apprendre à manier une arme, si je voulais prendre leur relève un jour. Car, même si elle l’aurait souhaité, elle n’était pas assurée que la paix finisse par régner suffisamment pour que le commerce ne présente plus le moindre danger.

”A quoi tu rêves encore, Khin ?”

Je sursautai, franchissant en quelques secondes les années qui me séparaient de mes souvenirs d’enfance, et je me retournai vers l’homme qui partageait la chambre avec moi. Je ne l’avais même pas entendu entrer et il me toisait à présent, un poing sur la hanche et un sourire amusé aux lèvres. Qui aurait cru que je m’entendrais aussi bien avec le soldat calme et serein, de six ans mon aîné, lorsque j’avais franchi pour la première fois le seuil de la chambre qu’il occupait déjà depuis quelques années ? Et pourtant…

Il vint s’accouder à la fenêtre à côté de moi, regardant vers l’horizon comme je le faisais quelques secondes avant. Il ne m’avait jamais vraiment interroger sur les raisons de mon engagement dans la garde, à vingt ans, alors que la plupart des jeunes recrues avaient déjà passé quelques années à apprendre le maniement des armes chez les cadets. Et je lui en avais été reconnaissant. A l’époque, je n’avais pas envie de parler de cela, de raviver la blessure qui m’avait hanté pendant près d’une année avant que je ne me décide à me reprendre en main.

”Oh, des souvenirs d’enfance. Mes parents étaient marchands, je les accompagnais. Je repensais à la première fois où la caravane s’est arrêtée dans la Vallée Gerudo, près de la Forteresse…

-C’est le coucher du soleil qui te rend nostalgique comme ça ?

-Peut-être bien… Le crépuscule est magnifique dans le désert.

-Raconte ?”

Je lui jetai un regard, avant d’appuyer mon épaule contre la sienne en regardant au loin. Peut-être était-il temps de me confier, effectivement… Au fil des années, j’avais réussi à faire le point sur ce qui s’était passé, à l’accepter, pour qu’il cesse de me ronger. Et j’avais fini par y parvenir, même si souvent, bien souvent, je repensais à lui, je me demandais ce qu’il devenait… J’eus un léger sourire empli d’affection, avant de commencer mon récit.

Il avait quelque chose comme deux ans et demi de moins que moi. Sa présence m’avait étonné, parce que j’avais bien souvent entendu dire que les Gerudos n’étaient que des femmes. J’avais complètement cessé d’écouter mes parents négocier avec les guerrières, le regard fixé sur le petit bout de rouquin que j’avais sous les yeux. Et, lorsque les adultes décrétèrent qu’ils interrompaient quelques heures les négociations, pour réfléchir de leur côté avant de reprendre, je me levai pour aller le prendre par la main et m’écarter avec lui, ayant envie de faire sa connaissance.

”Salut ! Moi c’est Khinjar ! Et toi ?”

Le petit bout semblait intimidé de se retrouver face à moi, et je me demandai, l’espace de quelques secondes, si c’était la première fois qu’il voyait des Hyliens. Après tout, mes parents ne m’avaient pas parlé d’un homme Gerudo, alors… Dans tous les cas, il tentait de faire bonne figure, et il releva le visage vers moi, m’offrant une vue directe sur ses magnifiques yeux dorés.

"Je suis Ganondorf Dragmire, prince des Gerudos. Enchanté de faire ta connaissance, Kh... Khina... Khjinar... Khi..."

Je l’observai une ou deux secondes, avant de me mettre à rire de bon coeur. Entre la première partie de son intervention, d’une politesse si parfaite que j’étais certain que c’était une formule qu’il avait apprise par coeur, puis ses multiples échecs pour prononcer mon nom, cela donnait un résultat tout simplement… adorable.

”Khin, ça sera très bien. Ne te prends pas la tête avec ça. Et puis moi, je t’appellerai Gan, comme ça on sera à égalité !”

Je passai ma main dans ses cheveux roux pour les lui ébourriffer après mon intervention, alors qu’il me regardait avec de grands yeux stupéfaits. Je ne savais pas à quoi il s’attendait, mais certainement pas à ça. Je lui adressai un grand sourire confiant, avant de poser un doigt sur ses lèvres lorsqu’il commença à protester.

”Chut. Je suis plus vieux que toi. Et si t’es pas content, attrape-moi pour me faire changer d’avis, Gan !”

J’éclatai de rire et tournai les talons pour m’enfuir à toutes jambes. Une seconde, je me demandai ce que je ferais s’il n’entrait pas dans mon jeu, s’il ne bougeait pas. Mais je l’entendis pousser un petit cri indigné - mes paroles ? Ses cheveux ? - et bientôt, ses pas retentirent derrière moi, me faisant rire de plus belle. Nous allions bien nous amuser pendant la semaine que je passerais ici…

”Tu as rencontré le roi des Gerudos enfant ?

-Oui. Et pas uniquement enfant. Notre caravane retournait là bas tous les ans, et à chaque fois, nous passions du temps ensemble, à jouer. Les adultes ne nous avaient pas dans les pattes, alors ils ne voyaient pas d’inconvénients à ce que nous nous roulions dans la terre et le sable un peu partout.

-Oh…

-Quoi, “oh” ? Qu’est-ce qu’il y a ? Ça te pose problème ?”

Je tournai la tête vers Zeôn, une lueur d’agacement au fond de mes yeux. Je ne comprenais pas sa réaction, je n’aimais pas cela. Il était devenu l’un de mes proches, après tout, peut-être même celui qui était le plus proche de moi. Alors, pourquoi ? Son sourire tranquille apaisa mon orgueil hérissé, et j’étais calme lorsque j’écoutai sa réponse.

”Tu sais bien que non. Ne te fais pas plus idiot que tu n’es, Khin. Par contre, tu pourrais traîner un peu plus avec les gardes ou écouter les nouvelles qui circulent dans la ville. Le roi des Gerudos arrive demain au château. Signer de véritables accords de paix entre les Hyliens et les Gerudos, ou quelque chose dans le genre.

-Quoi ?!”

Il leva les mains, pour me dire de me calmer, et je me rendis alors compte que je venais de crier. Je l’observai pendant un moment sans rien trouver d’autre à dire, sans même vraiment réussir à me remettre de la nouvelle qu’il venait de m’apprendre. Et tous les sentiments que j’avais réussi à calmer avec les années se remirent à brûler avec ardeur dans mon âme. J’avais réussi à mettre mon passé à distance parce que j’étais persuadé qu’il n’était, justement, que du passé. Que je ne reverrais jamais Ganondorf.

Après tout, cela faisait six longues années que je n’avais plus eu l’occasion de le voir une seule fois… Je me souvenais encore parfaitement bien de notre dernière soirée ensemble. Soirée, oui, parce qu’en grandissant, je devais passer plus de temps à assister mes parents, à apprendre réellement le métier qui aurait dû être le mien. Et lui, de son côté, était de plus en plus pris par ses obligations de futur roi. Alors nos après-midi d’enfance avaient dérivés en soirées au cours de notre adolescence, soirées qui se terminaient parfois au point du jour, après avoir passé des heures à regarder le ciel nocturne dans le désert.

”La prochaine fois que nous nous verrons, je serai roi, m’avait-il annoncé à brûle-pourpoint, lors d’une de ces soirées.

Rien d’autre pour introduire le sujet, pour me préparer à la nouvelle. Rien que son regard doré plongé dans le mien. Ses yeux me fascinaient depuis longtemps, parfaitement en accord avec sa peau sombre et ses cheveux roux, et bien souvent je m’étais perdu dans leur regard, y cherchant… quoi, au juste ? Mais cette fois-là, j’étais bien plus préoccupé par ses paroles. Je me redressai sur un coude pour pouvoir mieux le fixer, silencieux et incertain.

Pourquoi me le dire aussi tard ? Pourquoi laisser passer autant de temps avant de me confirmer, non seulement que c’était pour bientôt, mais que… Cette année, il me faudrait repartir en intégrant que, lors de mon prochain passage, je ne pourrais plus parler à “Gan, petit bout de prince roux”, mais qu’il me faudrait aller saluer “Ganondorf Dragmire, Roi des Gerudos”. Pourtant, il fallait bien que je finisse par parler.

”Je me doute bien, oui… Ça changera quoi ?”

Voulais-je le faire parler de cela pour essayer de mieux comprendre ce qu’allait être sa vie à présent, pour saisir un peu mieux le changement, ou plus exactement le bouleversement qui s’annonçait ? Probablement. Mais c’était aussi une manière de me dispenser, moi, de parler, de me permettre d’intégrer pleinement ce qu’il m’avait pratiquement jeté à la figure, même si telle ne devait pas être son intention.

Je finis par presque cesser de l’écouter, fixant son visage et me laissant bercer par sa voix. Puis je levai la main pour la passer dans ses cheveux, un vague sourire errant sur mes lèvres. Un sourire tendre ou un sourire triste ? A l’époque, pas plus qu’à présent, je n’aurais su le dire moi-même. Mes doigts finirent par se refermer sur l’une de ses longues mèches, avec laquelle je jouai doucement.

”Tu vas les couper, alors ?”

Etait-il mal à l’aise ? Non, ce n’était pas exactement cela, mais… Ce n’en était pas très loin, non plus. Il ne répondit à ma question que par un hochement de tête, mais cela me suffit. Je me penchai légèrement au dessus de lui, tendant la main pour attraper le poignard qu’il portait à la ceinture. Il ne réagit pas, et je coupai d’un geste assuré sa mèche, m’assurant de laisser suffisamment de cheveux pour que cela ne se voit pas une fois sa chevelure raccourcie. Je ne voulais pas lui attirer d’ennuis…

“Ca me fera un souvenir… La prochaine fois qu’on se verra, je suppose que je ne pourrais plus me permettre de t’appeler “Gan”, hein ?”

Il ne me répondit pas immédiatement, et je pris le temps d’enrouler soigneusement la mèche que je venais de lui subtiliser. Un souvenir, oui. Un souvenir de ce temps que j’avais chéri plus que tout et qui était sur le point de se terminer. Je n’étais pas naïf, je savais bien que rien ne pourrait plus être comme avant. Et je savais encore mieux que j’allais en souffrir affreusement. L’idée de ne plus pouvoir le voir aussi simplement qu’avant, aussi librement…

Mais nous n’y pouvions rien, ni l’un ni l’autre, et je n’allais pas lui demander de renoncer à son trône pour pouvoir garder son amitié avec moi telle qu’elle avait été jusqu’à présent. Abandonner une couronne pour une semaine par an avec un ami ? Stupide. Je ne lui demandais pas un tel sacrifice… Alors, après avoir rangé sa mèche dans une poche de ma chemise avec soin, comme le précieux trésor qu’elle était pour moi, je relevai le regard vers lui et je lui souris doucement, cachant la débandade de mes sentiments.

“C’est pas grave.. J’ai appris à prononcer Khinjar, depuis le temps…”

Je l’observai en silence à cette phrase. Un instant, j’eus envie de le gifler. Pensait-il sincèrement que le problème se résumait à cela ? J’espérais bien que non… La tristesse remplaça la colère en moi, me faisant pousser un faible soupir.

”Mais je n’ai pas envie que tu m’appelle Khinjar, Gan...”

Qu’allait-il me dire lorsqu’il releva la tête vers moi ? Faire semblant de ne pas comprendre, encore une fois ? Essayer de raisonner ? Protester de ce que je venais de dire ? Je ne le saurais jamais, puisque je cédai à mon impulsion. Glissant pour la dernière fois ma main dans ses longs cheveux - ah, si j’avais su à quel point ce serait la dernière fois… - je l’attirai contre moi et l’embrassai avec, du moins en avais-je l’impression, autant de douceur tendre que d’ardeur violente. Mais peut-être n’étais-je pas objectif…

Ce n’était pas une impulsion subite, pas vraiment. Je ne pouvais pas dire y avoir réellement pensé auparavant, ni même l’avoir regardé comme autre chose qu’un ami. Mais à cet instant, où j’avais réalisé que j’étais peut-être en train de profiter de mon dernier moment seul avec lui, cela m’avait paru… naturel ? Comme si je n’avais jamais rêvé que de cela…

Pas une seule seconde je n’avais réfléchi à la réaction qu’il aurait. Après tout, une bonne partie des gens que je connaissais - voire presque tous - m’avaient déjà dit au moins une fois que j’avais une fâcheuse tendance à agir sans réfléchir. Il frissonna alors que je dévorais ses lèvres, et me renversa sur nos fourrures d’un coup de reins. Avant que je n’aie le temps de me reprendre, il avait ouvert ma chemise et posé une main sur mon torse, me tirant à mon tour un frisson. Il ne me vint pas une seule seconde à l’esprit de protester de son geste, et je lui réclamai un nouveau baiser en gémissant doucement, attrapant ses vêtements pour les lui retirer comme je le pouvais, grisé par le contact de son corps contre le mien.

Ma main glissait encore et encore dans ses cheveux, alors que j’avais les paupières closes, concentré sur sa respiration et les battements de son coeur, auxquels les miens, irréguliers, faisaient écho. Je n’avais pas envie de parler, j’étais simplement… heureux, avec Ganondorf blotti contre moi, et encore une douce langueur dans tous mes membres pour me rappeler notre étreinte.

“Khin ? Je…

- Chut.”

A nouveau, je l’embrassai pour couper court à la discussion avant même qu’elle n’ait commencé. Je n’avais pas envie de parler, pas encore, et je nous fis rouler dans nos fourrures, envahies par le sable à cause de notre agitation précédente. Je lui souris légèrement une fois installé sur lui, caressant avec envie et assurance son corps. Vu les réactions qu’il avait eues, je ne craignais pas de lui déplaire, alors…

Et pourtant, mes doigts lui firent pousser un couinement pour lequel, en d’autres circonstances, je me serais moqué de lui pendant un moment. Et il me jeta un regard outré qui me pétrifia, me faisant me redresser en cessant de le caresser. Je lui rendis un regard d’incompréhension pour lui demander de s’expliquer.

“Qu’est-ce que tu fais ?

- On échange, c’est normal, non ? lui répliquai-je avec un léger sourire, à mi chemin entre l’amusement et la tendresse. Ne me dis pas que tu es fatigué, Gan, je ne te croirai pas.

- Mais… non ! Je suis un futur roi, pas… ! ”

J’aurais pu me vexer ou souffrir d’une telle réponse, et de ce qu’elle impliquait. Mais je savais qu’il ne le pensait pas, ou sinon… Sinon, rien ne se serait passé ainsi entre nous. Alors je ris doucement en le regardant, affectueusement, et je lui caressai la joue. Je me penchai sur lui pour l’embrasser chastement, avant de plonger mon regard dans le sien, faisant écho à sa phrase laissée en suspens :

”Et moi, je suis… ?”

Je n’eus pas besoin de lui en dire davantage. Il ne me répondit pas directement, baissant le nez d’un air… honteux ? En tout cas, je n’avais pas l’habitude de le voir ainsi, et je l’embrassai délicatement sur le front, lui laissant le temps dont il avait besoin.

“Non… Mais…

- Alors n’aie pas peur. Fais-moi confiance, Gan…

- Je n’ai pas peur ! Et je… te fais confiance... On peut aller dans ma chambre ?”

Sa question amena la stupéfaction sur mon visage. Dans sa chambre ? Il me proposait bien d’aller dans sa propre chambre, dans la forteresse, là où je n’avais jamais eu le droit de pénétrer ? La prudence aurait, peut-être, dû me retenir. Mais à cet instant, s’il m’avait proposé d’aller décrocher la lune avec lui, je l’aurais suivi avec enthousiasme et conviction. Alors j’acquiesçai avec un grand sourire, que certains auraient probablement pu qualifier de béat.

Je le suivis avec confiance, faisant tout mon possible pour être aussi discret que lui. Ce n’était peut-être pas convainquant, mais j’arrivai à ne pas être trop bruyant, et nous parvînmes sans encombre jusqu’à sa chambre, refermant la porte sur nous avec un soupir soulagé - pour ma part, en tout cas.

Il était encore nerveux, je le voyais bien. Alors j’allai le prendre dans mes bras, couvrant son visage de baisers. Je ne voulais pas qu’il ait le moindre mauvais souvenir de cette soirée, ne me souvenant que trop bien qu’elle risquait d’être la dernière que nous partagerions. Alors je fus patient, je fus plus patient que je n’aurais jamais cru pouvoir l’être, pour lui faire oublier toutes ses réticences et lui laisser le souvenir le plus impérissable possible de notre nuit. Et nous nous endormîmes dans les bras l’un de l’autre, sans nous préoccuper du monde autour de nous.

”Il vient au château… ? Demain, il sera là, je le verrai, je pourrais même… aller lui parler ? Et je n’en ai rien su…”

Zeôn me regarda avec une certaine compassion, posant sur mon épaule sa main rendue rude par les années de service. S’il avait su que je n’étais vraiment au courant de rien, nul doute qu’il aurait cherché à me l’annoncer d’une manière plus… subtile. Mais les choses étaient ce qu’elles étaient, et je parvins à surmonter mon trouble pour sourire doucement à mon compagnon de chambre, posant ma main sur la sienne.

”Ça va aller, ne t’en fais pas. Allons dormir. Il y aura certainement du travail à faire pour dix, demain, ça va bouleverser pas mal de choses, une telle visite…

-Tu as raison, mais… Tu es sûr ? Tu as l’air d’avoir… un sacré passif avec lui vu ta réaction.”

Je souris avec affection à l’homme et acquiesçai.

”Oui. T’occupe, va, tu me connais, je retombe toujours sur mes pattes. Une nuit pour digérer le tout, et ça ira bien.”

Il me regarda quelques secondes, puis hocha la tête à son tour et s’écarta de la fenêtre. Nous n’échangeâmes plus le moindre mot jusqu’à nous mettre au lit. Il avait compris que je n’avais ni envie, ni besoin de parler, et il me laissa tranquille, me souhaitant juste une bonne nuit avant de souffler la bougie. Pour ma part, je restai un long moment allongé dans mon lit, regardant le plafond dans la pénombre, et ne pensant qu’au lendemain malgré mes efforts pour ne pas y penser du tout.

Le commandant Xealyan m’assigna à la garde de la grille d’entrée du domaine du château. En fus-je soulagé ou frustré ? Avais-je espéré ou redouté d’être de service dans la salle du trône pour la rencontre officielle ? Je n’en savais rien. Mais je n’avais pas le choix, et j’allai me mettre à mon poste, sur le pont de pierre qui surmontait la grille. La journée s’écoula, interminable, et, alors que l’après-midi touchait à sa fin, je vis arriver de la ville son cortège.

Je me crispai, refermant ma main sur ma lance, alors qu’un long frisson me parcourait. Je ne tardai pas à le repérer, impressionné par les changements qui avaient eu lieu en lui en l’espace de quelques années. Lorsqu’il ne fut plus très loin de la grille, je baissai la tête autant que je le pus, pour que mon casque masque le plus possible mon visage. Précaution inutile, puisque lui ne leva pas la tête une seule seconde ; pourquoi l’aurait-il fait, au demeurant ? Je me tournai à moitié pour le suivre du regard aussi longtemps que possible.

”Comme tu as changé… murmurai-je faiblement, un sourire triste aux lèvres. Qu’est-ce que tu penserais de moi, à présent ? Que tu es un grand roi alors que moi, je ne suis qu’un… Hein, Gan… ?”

Je soupirai, puis me forçai à reprendre correctement mon poste. Je ne devais pas me laisser perturber… Et pourtant, alors même que j’essayais de rester concentré, les souvenirs affluèrent de nouveau dans mon esprit.

Le réveil avait été bien moins agréable que l’assoupissement. J’avais brutalement été attrapé par les épaules et tiré en arrière, tombant sur le sol de la chambre. Avant même que je ne sois réellement réveillé, un sabre me menaçait. J’avais écarquillé les yeux, pâlissant, avant de regarder Ganondorf. Mon premier mouvement aurait été certainement de le supplier de faire quelque chose, d’intervenir, mais il semblait déjà si mal que je me forçai à ne pas laisser voir ma terreur panique. J’étais plus âgé que lui, j’avais initié nos étreintes… Alors je lui souris, alors même que les Gerudos m’entraînaient hors de la pièce.

”Coiffe ta crinière, t’es pas présentable, Gan !” lui criai-je.

Je me doutais que cela n’allait pas plaider en ma faveur, mais… Pouvais-je vraiment empirer les choses pour moi ? J’en doutais… D’où ma tentative probablement peu probante, voire contre-productive, de le faire sourire une dernière fois. J’aurais peut-être dû lui dire adieu, puisque j’avais peur que les gardes ne me traînent simplement plus loin pour me tuer, mais je n’étais pas doué pour cela…

La suite… A présent encore, je ne pouvais y penser sans frissonner de crainte. J’avais vraiment cru que j’allais mourir ce jour-là, surtout lorsque j’avais été traîné devant une sorte de tribunal. Pouvais-je appeler cela ainsi ? Probablement. J’avais été amené devant un groupe de Gerudos. Ganondorf était présent également, comme une partie des habitantes de la forteresse, et… mes parents avaient été conviés aussi.

J’avais tenté un faible sourire lorsqu’ils étaient arrivés, mais leurs visages pâles et leurs traits tirés me firent baisser la tête avec honte. Je n’avais pas voulu tout cela… Alors je gardai le silence, écoutant les discours et les discussions. Tout au plus envoyai-je un regard de remerciement à mon petit bout de rouquin lorsqu’il tenta, en vain, de plaider en ma faveur. Violer les lois de l’hospitalité, profiter d’un enfant… A les entendre, c’était presque comme si j’avais violé leur futur roi après m’être introduit dans la forteresse en tuant tous les gardes sur mon passage.

A ce moment-là, je crus vraiment ma dernière heure arrivée, et je regardai même autour de moi, pour savoir quelle Gerudo viendrait me décapiter : cela pouvait être n’importe laquelle, elles avaient toutes un sabre à la ceinture. Puis la décision était tombée. Ce n’était que par égard pour mon père, et les longues années de commerce et de respect qui le liaient au peuple du désert, que j’échappais à la mort. Mais j’étais banni, banni à jamais loin de la Vallée, et si j’y revenais un jour… Cette fois, la sentence s’appliquerait immédiatement.

J’avais une boule dans la gorge alors que je rejoignais mes parents, me retournant pour regarder une dernière fois mon petit prince roux. Je ne pus pas croiser son regard d’or, car son peuple l’entraînait déjà dans la forteresse, et je fixai le sol pendant le reste du trajet jusqu’à notre caravane. Une fois dans notre tente, mes parents s’assirent face à moi.

”Je peux savoir ce qui t’a pris, Khin ?!

-Tu crois que c’est pour ça qu’on t’a pris avec nous ? Pour que tu contes fleurette au premier adolescent venu ? Le prince, Khin, le prince ! Tu as quelque chose dans la cervelle ?!

-Tu as bien de la chance que tu n’aies pas été purement et simplement tué, et peut-être nous tous avec, puisque c’est notre caravane qui t’a amené ici ! Et notre commerce, tu y as pensé une seconde, avant de faire ça ?

-Ton père a raison. Tu aurais pu mourir, Khin. MOURIR ! Tu comprends ?! Tout ça pour quoi, une nuit à batifoler dans les draps d’un prince ?”

Je retins un tremblement, baissant la tête et serrant mes mains sur mes genoux. Je ne devais pas éclater en sanglots… Je me doutais que c’était leur peur rétrospective qui s’exprimait, qu’ils avaient eu peur de me perdre, mais… Leurs mots me faisaient du mal tout de même. Surtout la manière qu’ils avaient d’appeler Ganondorf par son titre. Comme si c’était cela qui m’avait fait l’apprécier et passer autant de temps avec lui. Et comme si je m’étais juste amouraché d’un titre…

”D’accord… Je ne viendrai plus.

-Quoi ?

-Mais qu’est-ce que tu racontes ? Ce n’est pas pour ça que nous…”

Je relevai la tête pour les fixer, les yeux brillants de larmes qui ne voulaient pas couler.

”Mais c’est ce que je dis. De toute manière, je ne peux plus revenir ici, et vous n’allez pas arrêter de commercer avec les Gerudos. Et moi, je sais parfaitement ce qui m’a pris, mais vous, vous vous en fichez, vous ne voulez même pas le savoir. Alors je pars, je rentre à la capitale, c’est tout. Au revoir.”

Je me levai, les plantant là, et je sortis du campement proprement dit pour me diriger vers le corral. J’entendis mes parents me suivre avec un peu de retard, mais je ne leur accordai pas un seul regard. J’allai seller ma jument, montant sur son dos et lui caressant l’encolure quelques secondes. J’essuyai mes larmes d’un revers de main rageur, et je la lançai au galop vers la plaine. Mon oncle et ma tante acceptèrent de me reprendre chez eux, sans me poser la moindre question. Et, après de longs mois à n’être que l’ombre de moi-même, je m’étais finalement décidé à me reprendre en main, mettant à profit mon entraînement au maniement des armes pour entrer dans la garde d’Hyrule.

”A quoi tu rêves, Khin ?”

La voix de Zeôn me fit sursauter, comme souvent. Je ne savais pas comment il faisait pour se déplacer aussi silencieusement… Je lui adressai un sourire, réalisant que j’étais planté dans un couloir. Cela m’arrivait de temps en temps, depuis que Ganondorf était au château. Donc depuis quelques mois, à présent.

Je n’étais pas allé le voir. Par crainte de la réaction des membres de son escorte, avant que celles-ci ne rentrent à la forteresse ? Peut-être, mais pas uniquement. Sinon, je serais allé le voir à partir du moment où elles étaient parties. Mais… Qu’aurais-je pu lui dire ? Qu’aurais-je pu faire ? Je ne savais pas quel souvenir il avait gardé de moi, je ne savais pas comment j’aurais pu me comporter face à lui…

”Oh, euh… Non, rien, j’allais me chercher de quoi grignoter aux cuisines, et… Je me suis arrêté en chemin, en fait ?

-Incorrigible… Allez, remets-toi en marche, tu fais peur à rester immobile comme ça au milieu de nulle part.

-Tu as raison. Courage pour ton tour de garde, à plus tard !”

Je le saluai d’un geste de la main, reprenant ma route et me glissant dans les cuisines. L’agitation n’était pas à son comble, et je n’eus pas de peine pour obtenir quelques petites tartes. Je m’entendais bien avec les serviteurs, en règle générale, ne répugnant jamais à leur donner un coup de main. Je repartis avec mon semi larcin, très fier de moi et croquant dans l’une de mes tartelettes.

Je laissai mes pas me porter un peu n’importe où, me concentrant sur le goût des pâtisseries pour ne pas encore retomber dans une rêverie concernant le désert ou un certain petit rouquin qui me dépassait à présent d’une bonne tête. C’est à ce moment-là qu’un peu plus loin, devant moi, je remarquai un gosse avec une tignasse blanche en bataille. Enfin, gosse, j’exagérais probablement, mais il devait avoir… quoi, la quinzaine, à peu près ? Et il semblait perdu. Le sourire aux lèvres, je m’approchai et je lui passai la main dans les cheveux. Cela le fit se retourner, et je lui coinçai une part de tarte entre les lèvres.

”Tiens, mange un bout, t’es tout maigre. Et après, tu pourras me dire ce que tu cherches, à errer comme ça dans le couloir ? Je connais assez bien le coin, mine de rien, je pourrai probablement t’emmener à destination.”

Je devais l’avoir stupéfié ou pris de court, puisqu’il mâchonna vaguement le morceau de tarte mis dans sa bouche tout en me regardant. Bon, d’accord, tous les jeunes Sheikahs ne devaient pas se faire traiter ainsi par le premier garde croisé dans les couloirs. Et alors ? Je lui souris, attendant qu’il se décide à me répondre.

”Hm… Je cherche les appartements de la princesse Zelda.”

Je ris légèrement et lui ébourriffai de nouveau les cheveux, le faisant reculer avec un regard presque indigné qui ne fit que redoubler mon hilarité. J’acquiesçai et lui fourrai un second morceau de tarte dans la bouche, passant ensuite un bras autour de ses épaules pour l’entraîner avec moi - c’était qu’il était grand pour un petit, par les Déesses !

”Je vais te montrer où c’est. Moi aussi, j’ai été perdu, la première fois que je me suis retrouvé lâché dans le château. Faut prendre des repères, et peu à peu, on s’en sort. Par contre, t’es pas bien bavard… Moi c’est Khinjar. Et toi ?

-Kee-Mey.

-Mouais… Pas bavard du tout et tout maigre. Va vraiment falloir que je m’occupe de toi, tu es très mal parti dans la vie, toi…”

Il me jeta un regard indéfinissable, auquel je répondis par un grand sourire. Je le guidai dans les couloirs jusqu’aux appartements de la princesse, m’arrangeant pour lui faire manger, peu à peu, toute une tartelette. Grand comme il était, il aurait dû être un peu plus rembourré, tout de même… Là, j’avais l’impression qu’il allait s’éteindre au premier hiver venu, faute de graisse. … Et non, je ne confondais pas du tout avec les hérissons, même si la coiffure aurait pu m’induire en erreur.

”Et voilà, Mey-Mey ! N’hésite pas à venir me trouver si tu as de nouveau besoin d’un guide touristique !”

Je le saluai d’un geste de la main, souriant largement sans me soucier de son regard agacé - par le surnom, peut-être ? Je lui mis de force une tartelette dans la main, faisant ensuite demi-tour pour m’écarter, en mangeant la dernière de mes petites tartes. Heureusement que j’en avais subtilisé beaucoup à la cuisine, tout de même. Sinon, je n’aurais pas pu en profiter suffisamment, j’aurais quasiment tout donné à la petite perche…

Et le temps passa de nouveau. Je revis de temps en temps le petit Sheikah dans les mois qui suivirent, ne me privant pas, à chaque fois, de le titiller en lui donnant des surnoms tous plus imaginatifs les uns que les autres. Et en lui collant les aliments que j’avais sous la main dans la bouche, aussi. Progressivement, je m’étais habitué à la situation. Et les élancements de mon coeur, lorsque je voyais Ganondorf au loin - ou moins au loin, lorsqu’il passait devant le garde en service que j’étais - avaient perdu en vigueur avec le temps.

Un soir, alors que j’avais quartier libre, je regardais les étoiles naissantes dans le ciel, en dépit des nuages qui s’amassaient, rêvassant comme à mon habitude. C’est à ce moment-là que je les vis. Au niveau de la grille d’entrée, il y avait une agitation que je ne pouvais traduire que d’une seule manière : une attaque. Ou une émeute, mais pourquoi y aurait-il eu soudain une émeute dans le bourg ? Je restai figé une ou deux secondes, avant de me retourner, ma pâleur inquiétant Zeôn.

”Khin ? Quelque chose ne va pas ?

-On nous attaque ! Prends tes armes, sortons !

-Quoi ?!”

Je n’attendis pas qu’il réalise et m’écartai de la fenêtre, enfilant ma côte de mailles pour être au moins un minimum protégé. J’aurais bien aimé avoir le temps de mettre mon armure complète, mais ce n’était certainement pas le cas. J’attachai mon épée à mon côté, alors que dans le château retentissaient des cris d’alerte, pris ma lance et me précipitai dans la cour. Mon coeur battait à vive allure, et j’avais beaucoup de peine à réaliser ce qui se passait. Le château d’Hyrule, après des années de paix, était attaqué…

Et lorsque les assaillants arrivèrent dans la cour, je me pétrifiai l’espace de quelques secondes. Je n’arrivais pas à croire ce que je voyais, ou plutôt qui je voyais. A la tête des soldats qui envahissaient le château… Ganondorf. Je pâlis brusquement, restant figé là où je me trouvais alors que mes compagnons passaient à l’attaque. Peut-être fut-ce pour cela qu’il ne me remarqua pas, à moins qu’il n’ait été trop occupé à se battre pour faire attention aux visages de tous les soldats d’Hyrule.

Pourquoi ? Pourquoi attaquait-il le roi qu’il venait de servir pendant environ un an ? Pourquoi faisait-il cela ? Je peinais à retrouver le petit prince roux que j’avais connu dans l’homme que je voyais faucher mes camarades les uns après les autres. Et pourtant, paradoxalement, je ne le reconnaissais que trop bien. J’avais fini par sortir de mon immobilisme, toutefois, et je me précipitai vers l’avant, essayant de me frayer un passage dans les rangs des gardes d’Hyrule.

Si j’arrivais à l’atteindre, si j’arrivais devant lui… Peut-être que je pourrais le raisonner. Ou, à défaut, comprendre ce qui se passait, comprendre pourquoi il agissait soudainement ainsi. Peu à peu, je progressais, et je n’étais pas très loin de lui lorsqu’il décida, visiblement, de laisser ses hommes gérer la chose seul et se fraya un chemin vers les portes du château.

”GAAAAAAAAN !” hurlai-je, le plus fort que je le pus.

Mais en vain. Soit il ne m’entendit pas, soit il n’y accorda aucune attention, mais il ne se retourna pas. Et mon appel se termina en cri de douleur. Je reculai en chancelant, alors qu’un des assaillants - je ne vis même pas à quoi il ressemblait, si c’était un humain ou un monstre - retirait son épée de mon ventre. Je tournai la tête pour voir le Roi des Gerudos franchir les portes du palais, avant de m’effondrer, mon adversaire m’ayant frappé de nouveau. Et le néant me dévora.

Je ne comprends pas… Pourquoi ?

Comme tous les citoyens d’Hyrule, j’écoutais quasiment religieusement le discours de la princesse Zelda. Enfin, de la princesse… De la reine, plus exactement. M’habituerais-je un jour à l’appeler ainsi ? Peut-être, peut-être pas. Mais là n’était pas la question. Je l’écoutais parler, et, au fur et à mesure, je comprenais. Je comprenais cette étrange sensation de vide que j’avais lorsque je pensais à l’année écoulée. Il me manquait quelque chose. Il me manquait le souvenir de la venue de Ganondorf au château.

Ganondorf, un conquérant ambitieux et sans scrupules. Un tyran violent et impitoyable. Un monstre qui avait voulu plonger Hyrule dans les ténèbres en s’emparant de la Triforce. Ganondorf, Seigneur du Malin. Mon petit Gan, mon petit bout de rouquin, Seigneur du Malin. Je n’y arrivais pas. Je ne comprenais pas. Je ne comprenais pas comment les choses avaient pu tourner ainsi.

Et pourtant, il me fallut reprendre mon quotidien, comme avant, comme si rien ne s’était passé. Ce que j’étais devenu sous son règne, dans ces années oubliées, je n’en savais rien. Et j’avais peur de le savoir. Il avait été important, très important pour moi. Etais-je retourné à ses côtés, avais-je pris part aux atrocités qu’il avait commises ? Ou au contraire, m’étais-je opposé à mon ancien ami ? Aller voir Zelda aurait pu, peut-être, m’apprendre la vérité. Mais j’avais bien trop peur pour savoir.

J’avais réussi à retrouver un semblant d’équilibre lorsque les rumeurs avaient commencé à se propager. De retour. Le monstre serait de retour. Gan serait de retour. Ne sachant qu’en penser, je commençai par les ignorer. De simples rumeurs, à cause de la réapparition des monstres, et des troubles un peu plus nombreux qui agitaient le royaume. Je ne pouvais pas croire qu’il revenait vraiment.

Puis… Puis vint ce message de la Vallée Gerudo. Ce message qui dissipa tous les doutes, et qui m’obligea à regarder la réalité en face. Il était de retour. Il était de nouveau roi. Et d’ici quelques jours, il serait au château pour cette… visite de courtoisie. Et j’allais, peut-être, devoir lui faire face… Assis sur mon lit, mes mains caressant la boite maladroitement sculptée par celles d’un garçon du désert, je laissai une larme tomber sur la longue mèche de cheveux roux qui y était précieusement conservée. Ganondorf, Elu de Din, Seigneur du Malin, Roi des Gerudos…

Et moi, Gan, je suis quoi ? Tu peux me le dire ?


Et Après ?

Prénom/Surnom: Je suis la moitié de l’Entité collective, selon notre divin rouquin.
Age : On n’est jamais sérieux quand on a 22 ans...
Comment as-tu découvert le forum ? J’sais plus, en regardant Mey-Mey cliquer sur “créer un forum”, un truc du genre.
Pourquoi t'être inscrit(e) ? Parce que ce *insérer ici un mouton-censure* de Gan a écrit un texte qui m’a obligée à créer Khinjar. Si si. *hochement de tête convaincu*
Comment trouves-tu le forum ? Il est rouge, il est beau, il sent le sable chaud. Comme mon p’tit rouquin.
Autre chose à ajouter ? J’sais pas, je vous aime ?
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MessageSujet: Re: Khinjar Meressin, Garde d'Hyrule   Sam 25 Oct - 13:53


... Bienvenue...

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DC: //
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MessageSujet: Re: Khinjar Meressin, Garde d'Hyrule   Sam 25 Oct - 13:55


....
Je suis bien obligé de te valider, saleté, je n'ai rien à redire.

*boude*

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